Pais mes brebis

D’après une entrevue avec Dorothea Evans du pieu de Victoria, en Colombie-Britannique

Dans Jean 21:15, le Christ interrogea Pierre en lui disant, « m’aimes-tu? »  Après quoi le Christ lui dit, « Pais mes agneaux. »  Ce message était assez important pour que le Christ le répète trois fois.  À l’âge de 91 ans, Dorothea Evans pais encore les brebis du Seigneur en s’occupant des missionnaires.  Cela peut sembler remarquable sinon pour le fait que, comme sa grand-mère et sa mère avant elle, la famille a nourri les missionnaires depuis plus de 110 ans et elle a des photos pour le prouver.

  

Tout a commencé, il y a des années en Angleterre, lorsqu’à l’âge de 17 ans la mère de Dorothea, Esther Waters et sa grand-mère Emma Waters ont entendu le message de l’Évangile rétablie par les missionnaires et ont joint l’Église.  James, le grand-père de Dorothea, travaillait comme signaleur sur les voies ferrées.  « Chaque trois semaines, son grand-père donnait 10 shillings à son épouse, ce qui était beaucoup à l’époque, alors elle invitait les missionnaires du District de Birmingham pour une fête chez elle.  Elle nourrissait tous les missionnaires toutes les trois semaines, »  dit Dorothea.  « À cette époque, les missionnaires donnaient toujours une photo d’eux aux membres.  C’est formidable de les avoir dans mes annales familiales. »  Des photos de missionnaires portant la moustache datant aussi loin que les années 1904 remplissent le livre de photos de Dorothea, qu’elle exhibe fièrement.  « De nos jours, vous devez prendre une photo des missionnaires vous-même si vous en voulez une, » remarque-t-elle.

     

La mère de Dorothea aidait avec les repas et est rapidement devenu une missionnaire elle-même; en fait, elle a été la première dame missionnaire de l’Église en Angleterre appelée à servir en Angleterre.  « Elle a tellement aimé la petite région campagnarde où elle a servi que lorsqu’elle s’est mariée en 1913, elle est retourné à Wombrourne Common pour y vivre et élever sa famille, »  dit Dorothea.  « C’est là que j’ai grandi jusqu’à ce que j’aie 14 ans. »

Née en 1924, Dorothea vivait dans Wombourne Common avec ses parents et un frère qui avait 5 ans de plus qu’elle.  La famille a adopté un orphelin après la guerre et ensuite une petite fille qui est morte à l’âge de trois mois.  « Nous avons toujours eu des missionnaires qui venaient manger à la maison ou venaient nous visiter.  À cette époque, les missionnaires pouvaient venir passer toute la semaine de Noël jusqu’au Nouvel An, » dit-elle.  « Un de nos missionnaires était l’un des petits-fils de Brigham Young et un autre était Marvin J. Ashton, j’avais l’habitude de m’asseoir sur ses genoux et de lui dire que lorsque je serais grande, je l’épouserais.  Des années plus tard, après que j’ai immigré au Canada, je l’ai vu au Centre Marriot et je lui ai demandé s’il se souvenait de moi et de lui avoir dit cela et il m’a dit, ‘Oh, oui j’aime vraiment les saints anglais.’ »

À cause de la Deuxième Guerre Mondiale – les jeunes gens plus âgés en Angleterre ont participé à l’effort de guerre.  Dorothea est restée à la maison et a pris soin de sa grand-mère jusqu’à sa mort, lorsque Dorothea avait 17 ans.  À ce moment-là, Dorothea a reçu un appel en mission.  « Nous devions aller en mission très jeune à cette époque.  Pendant la guerre il n’y avait pas de missionnaires, alors l’Angleterre devait fournir ses propres missionnaires. » dit-elle.  Elle a servi six mois jusqu’à ce qu’elle ait 18 ans.  Elle a ensuite participé à l’effort de guerre elle aussi, en tant qu’infirmière.  « Nous n’avons pas eu de missionnaires jusqu’après la guerre, » se souvient-elle.

Dorothea a marié John Evans en 1947 et a immigré à Calgary, au Canada en 1949.  « Nous avons vécu dans une vielle cabane qui avait seulement deux pièces, parce que nous n’avions pas de maison.  Une fois que nous avons eu une maison, j’ai recommencé à inviter les missionnaires.  J’avais l’habitude de les nourrir deux fois par jour, pour le dîner et le souper.  Ma porte n’était jamais verrouillée, alors s’il n’y avait personne les missionnaires entraient et mettaient la table, parce qu’ils savaient que je serais de retour pour leur servir un repas, » dit-elle.  John et Dorothea ont eu cinq enfants.  « Les missionnaires venaient chez nous dans leurs journées de préparations pour écrire des lettres et jouer à des jeux avec les enfants.  Ils pouvaient faire cela à cette époque.  Ils avaient l’habitude de faire des tests de force pour voir qui était le plus fort.  Je faisais du tir au poignet avec eux et je les battais tous à chaque fois.  Je suis certaine que c’est la raison pour laquelle j’ai une douleur à l’épaule.  Je les ai toujours battu, » dit-elle avec une lueur dans les yeux.

La famille a déménagé de l’Alberta à Sidney en 1967 et a continué à nourrir les missionnaires après quelques accalmies.  « Il n’y avait pas de membres actifs à Sidney à ce moment-là et les missionnaires de Victoria n’avaient pas assez de kilométrages qui leur étaient alloués pour y venir. Mon père et mon époux, John, étaient instructeurs au foyer et ma mère et moi étions sœurs visiteuses.  Nous avons donc parlé à tous les membres de la région et leur avons demandé s’ils viendraient à l’église si nous avions notre propre chapelle.  Le président de mission a appelé mon époux comme président de branche et nous tenions les réunions dans notre maison ou à la salle ou la loge des franc-maçon.  Éventuellement, ils ont demandé à mon époux de trouver une propriété pour la chapelle, que nous utilisons maintenant, » dit Dorothea.

« De tous les membres que nous avons visité qui avaient dit qu’ils viendraient si nous avions une branche ici, seulement une personne est venue, mais quatre missionnaires ont été envoyés dans cette localité.  J’ai continué à nourrir les missionnaires un repas par jour, même lorsque John est décédé, il y a 31 ans.  J’ai 91 ans maintenant, alors je les nourris seulement une fois par semaine de ces temps-ci, » dit-elle.  À toutes les deux semaines, le dimanche, elle reçoit  un couple missionnaire âgé pour souper.

Au fil des ans, Dorothea s’est mise à apprécier la joie de vivre de ses jeunes visiteurs.  Elle a même apprise à conduire une moto « Triumph » de l’un des missionnaires et l’amour de conduire une moto lui est toujours resté.  Après avoir appris que l’un des missionnaires particulièrement espiègle soit devenu chef de zone, elle lui a dit en plaisantant, « si tu peux devenir chef de zone n’importe qui peut le devenir. »  La façon de Dorothea de prendre soin des missionnaires comprenait aussi de faire un gâteau d’anniversaire entre le dîner et le souper, après avoir découvert que l’un des missionnaires n’avait pas eu de nouvelles de sa famille le jour de sa fête.  Elle a gardé une photo de tous ceux qui l’ont visitée.  « Ils m’appellent grand-maman maintenant, » dit-elle.  Son propre fils a servi une mission en Angleterre.

Dorothea alimentait aussi la réflexion avec ses repas.  « Lorsqu’un nouveau missionnaire arrivait dans la région, les autres missionnaires l’assoyait et me disaient : ‘fais-lui un discours grand-maman.’  Je lui disais, lorsque tu choisiras quelqu’un pour te marier, la beauté n’est qu’un bonus.  Assures-toi de choisir quelqu’un avec un  esprit fort et bon, parce vous les garçons vous êtes faibles et vous avez besoin d’une personne forte pour vous garder forts.  Les jeunes femmes attendent de se marier avec un bon missionnaire de retour, alors soit ce bon, fort et fidèle missionnaire pour elles. »  Les missionnaires avalaient tout cela.  Au fil des ans, ses relations avec les missionnaires devinrent si profondes que plusieurs ont reconnecté avec Dorothea en lui envoyant des annonces de leurs mariages et de la naissance de leurs enfants.  Elle a suivi les progrès de deux missionnaires qui ont gardé contact avec elle pendant 23 ans.  Il y a 5 ans, ils sont venus passer trois jours chez elle.

Comme sa mère et sa grand-mère avant elle, Dorothea a hébergé et nourri les missionnaires du Seigneur tout en aimant le faire.  « Nous avions toujours un lit ou un repas prêt pour les missionnaires, » dit-elle.  « Les justes lui répondront; Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire?  Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu?  Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?  Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. »  (Matthieu 25:37-40)