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Leçons apprises dans le tunnel Taft [Le message de la Soixante-dix d’interregion]

Leçons apprises dans le tunnel Taft [Le message de la Soixante-dix d’interregion]

Il y a quelques années, nous sommes allés en famille sur la piste cyclable d’Hiawatha dans le sud-est de Cœur d’Alène, en Idaho.  Cette piste cyclable populaire est l’une des plus panoramiques construites le long d’un des tronçons de la plus ancienne voie de chemin de fer Milwaukee (qui n’est plus en opération).  Elle traverse dix tunnels, avec plus de sept tréteaux de hauteurs couvrant quinze milles de longueur dans les montagnes accidentées de Bitterroot.  La partie la plus impressionnante de la piste est le tunnel Taft.  C’est un long tunnel souterrain sombre de 2.6 km de long sous la montagne Bitterroot à la frontière des États du Montana et de l’Idaho.

Après avoir mis nos casques et nos lampes frontales, nous étions prêts à commencer notre aventure.  Alors que nous approchions de l’entrée du tunnel Taft, le gardien du parc nous a arrêtés pour nous donner des instructions.  Il nous a expliqué que de chaque côté de la route qui traverse le tunnel, il y a un fossé.  Ces fossés drainent des milliers de litres d’eau qui s’infiltrent dans le tunnel à chaque jour à partir de sources souterraines.  Il nous a donné un avertissement intéressant : « Le bruit du ruissellement de l’eau peut devenir invitant pour vous, mais ne cédez pas à cet appel.  Ne descendez même pas de votre bicyclette, même pas pour y  jeter un coup d’œil.  Restez au milieu de la route. »

Alors que nous commencions notre sombre et froid voyage à travers le tunnel, nous avons compris l’importance de cet avertissement.  Le bruit apaisant du ruissellement de l’eau avait un effet attrayant.  Dans l’obscurité du tunnel, ce bruit attirait nos sens à la découverte de son origine.  Des bicyclettes laissées sur le sol et des cyclistes éparpillés un peu partout étaient l’évidence même de tous ceux qui avaient cédé à la tentation de jeter un coup d’œil aux fossés.  Dans l’obscurité, les cyclistes n’étaient pas en mesure de voir qu’il y avait une pente escarpée sur les rebords afin de permettre le drainage de l’eau.  Cette pente finissait abruptement sur un profond fossé fait  de ciment dans lequel les pneus des bicyclettes restaient coincés dès qu’on s’en approchait!  Le résultat était des genoux écorchés, des rayons de roues de bicyclette cassés et des cyclistes embarrassés qui souhaitaient avoir prêté attention au conseil du gardien et être resté au milieu de la route et loin de ces fossés.
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De façon similaire à celle du bon gardien, notre prophète nous avertit des dangers invisibles lors de notre voyage dans cette vie.  Président Monson a raconté l’histoire des maka-fekes de Tonga.  « Il y a de nombreuses années, je suis allé remplir une tâche dans les magnifiques îles Tonga, j’ai eu le privilège de visiter une école de notre Église…  À cette occasion, en entrant dans une classe, j’ai remarqué que les enfants étaient captivés par leur professeur tongien.  Son manuel ainsi que celui des élèves étaient fermé sur leur pupitre.  Dans sa main, il tenait un leurre de pêche étrange qui semblait être façonné à partir d’une pierre ronde et de grands coquillages.  J’ai appris que c’était un maka-feke, un piège à pieuvre.  À Tonga, la chair de pieuvre est un mets très recherché. »

« Le professeur expliquait que les pêcheurs tongiens passent au-dessus des récifs avec leurs canoës à balancier, pagayant d’une main et balançant le maka-feke  sur le côté de leur canoë de l’autre main.  La pieuvre sort d’un bond de son repaire rocailleux et saisit le leurre, le prenant pour un crabe délicieux.  L’étreinte de la pieuvre est si ferme, son instinct de ne pas renoncer à sa prise précieuse si forte que le pêcheur peut alors la jeter dans le canoë...
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Aujourd’hui, nous sommes entourés de maka-fekes que le Malin balance devant nous et avec lesquels il essaye de nous attirer pour nous prendre au piège.  Quand on a saisi de tels maka-fekes il est extrêmement difficile, et parfois presque impossible, de lâcher prise.  Pour rester en sécurité, nous devons les reconnaître pour ce qu’ils sont, puis avoir la ferme détermination de ne pas nous en approcher. » (Ancrés dans la foi, Conférence Générale, avril 2006)
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Le Sauveur est l’exemple parfait pour nous aider à éviter les fossés et les maka-fekes de Satan.  Lorsque Satan l’a tenté dans le désert, Sa réponse a été rapide et ferme : « Retire-toi, Satan! (Mathieu 4 :10). »  Lorsqu’il fut confronté avec la tentation, le Christ n’a même pas regardé.  Il ne fut pas dupe par la contrefaçon.  Au lieu de cela, il a rejeté la tentation rapidement.  Nous devons nous aussi suivre son exemple et rester à l’écart des pièges de Satan.  Nous ne devrions même pas prêter attention aux tentations.  Car, si nous les nourrissons, les tentations se mettent bien vite à nous nourrir!

Dans son discours intitulé « Ancrés dans la foi », président Monson fait écho à l’avertissement du gardien de la piste d’Hiawatha.  Président Monson nous encourage à « prendre immédiatement la résolution de suivre le chemin droit qui mène à la maison, chez notre Père à tous, pour que nous puissions avoir le don de la vie éternelle, la vie en présence de notre Père céleste. »  Il nous met en garde contre les maka-fekes de l’immoralité, la pornographie, les drogues novices et les dettes excessives.  Nous devons éviter les pièges, même s’ils nous invitent.  Nous devons dire à Satan de se retirer.
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Dans l’obscurité de ce tunnel, il aurait été difficile d’éviter les fossés sans la lumière de nos lampes frontales.  Les prophètes et les apôtres des temps modernes agissent comme un phare éclairant le chemin devant nous.  De la même manière la lumière de notre Sauveur nous invite à venir vers Lui.  Loin en avant dans la distance de ce long tunnel sombre, nous pouvions voir un tout petit point de lumière.  Alors, que nous avons gardé cette destination dans notre objectif et avons continué à pédaler, la lumière s’est agrandie et est devenue de plus en plus brillante et de plus en plus proche.  Finalement, ce point de lumière s’est élargi sur une sortie accueillante qui donnait sur une vallée de montagnes rocheuses à couper le souffle avec des pins majestueux et de belles rivières.

Dans ce semblant de tunnel sombre de la mortalité, le Sauveur nous a promis : « Approchez-vous de moi et je m’approcherai de vous (D&A 88 :63). »  Il est notre lumière dans l’obscurité et il nous invite dans notre foyer céleste.  Alors, que nous nous approchons de Lui à travers une vie juste, il se rapproche de nous.  Nous avons simplement besoin de nous rappeler la mise en garde du gardien : « Le bruit du ruissellement de l’eau peut nous attirer, mais nous ne devons pas répondre à son appel.  Il ne faut même pas descendre de notre bicyclette, même pas pour y jeter un coup d’œil.  Il faut rester au milieu de la route. »