Le pardon, la partie la plus difficile du cheminement

Soumis par frère Abe Caldwell du pieu de Lethbridge Est, en Alberta

Je suis né dans une famille membre de l’Église et nous étions actifs jusqu’à ce que, lorsque j’avais huit ans, ma sœur fut molestée par un ami de la famille. L’évêque fit de son mieux pour aider la personne délinquante. Je ne fus pas baptisé avant l’âge de dix ans à cause d’une dispute entre ma famille et l’évêque, et je fus plus ou moins actif dans l’Église jusqu’à ce que j’aie environ dix-sept ans.

Je reçu mon témoignage lors d’une activité pour les jeunes ayant comme thème ‘La quête de Moroni’. J’étais excité et je décidai de commencer à me préparer à faire une mission, je fus alors demandé de parler de mon expérience. Après mon discours, l’évêque m’approcha et me dit : « Je ne sais pas pourquoi tu essaies, tu ne pourras jamais être à la hauteur de rien de toute façon. » Mon ombrage n’a plus jamais assombri le seuil de la porte de son bureau. Je me suis rendu compte après ce moment-là, que nous trouvons ce que nous recherchons. Il me semblait que tout ce que j’entendais à propos de l’Église était négatif. Ma haine pour l’Église se mit à grandir. À mon avis, c’était les conseils des gens de l’Église qui déchiraient et divisaient ma famille.

Lorsque nous nous concentrons sur quelque chose, cela grossit! Je recherchais maintenant ce qui était négatif, et j’en trouvais beaucoup – mais tout n’était pas négatif concernant les gens de l’Église, y compris les dirigeants.

Après être devenu père d’un jeune fils qui avait plein de questions, la direction de mes pensées commença à changer. Mon fils n’était pas capable de passer près d’une église sans demander, « qu’est-ce que c’est? » Mon épouse et moi lui répondions, « c’est une église. » Pour être ensuite suivi par « qu’est-ce que c’est une église? », « Eh bien c’est où les gens apprennent à prier Dieu » et alors « qui est Dieu ? » Oups!

Un membre de la communauté et un confrère de travail, Grant Nelson, m’a approché au travail et m’a demandé si j’étais un ‘membre’ et m’a ensuite dit rapidement qu’il allait demander à son fils d’être mon instructeur au foyer. Jimmy et moi parlions de temps à autre à propos de notre intérêt commun pour le lancer du lasso en équipe et éventuellement, j’ai commencé à le persuader de venir en faire avec moi pendant l’hiver.

Lorsque j’ai finalement convaincu Jimmy de venir avec moi, nous n’étions pas encore rendus en périphérie de la ville lorsqu’il me demanda pourquoi je n’allais plus à l’église. Je pouvais entendre cette petite voix en colère rager au-dedans de moi, lorsque je dis de la façon la plus profane que je pouvais possiblement le faire à Jimmy EXACTEMENT pourquoi je n’assistais plus aux réunions de l’église.

Lorsque j’eus fini ma tirade, je le regardai en m’attendant de voir un Mormon horrifié assis sur le siège maudit du passager. Il me regarda, sourit, se mit à rire de ce que j’appelle maintenant son ‘petit rire à la Jimmy’, « ha, ha, ha », et il me demanda encore : « Alors, pourquoi ne viens-tu pas à l’église? » Cette fois, je n’avais rien à dire. J’ai seulement dit, « je ne sais pas. » Dans un moment de panique, je lui ai dit: « Eh bien, pour te dire la vérité, mon fils me demande tout le temps quand nous passons devant l’église, qu’est-ce que c’est etc. »

J’entendis ‘le petit rire à la Jimmy’ encore une fois. Il est resté silencieux assez longtemps et je pensai que je l’avais vaincu. Puis, d’une voix basse, ferme et convaincante, il me dit : « Caldwell, tu es en train de me dire que ton fils te demande et veut aller à l’église et que tu lui refuses cela? Comment fais-tu pour dormir sur tes deux oreilles la nuit? » Je ris de mon rire le plus confortable, avalai avec difficulté et lui répondit, « oui. »

Je suis retourné à la maison ce soir-là, sentant que j’avais été victime des critiques d’un Mormon et j’essayai de m’endormir. Je posai la tête sur mon oreiller – et je restai là toute la nuit, bien éveillé.

Le lendemain matin, je dis à mon épouse ce qui avait été apparent pendant le long 20 minutes de route en camion. Elle n’était pas membre, alors je pensai que c’était une discussion gagnée d’avance. Elle était d’accord avec Jimmy! Nous devrions emmener notre fils à l’église. J’aurais voulu avoir un endroit où aller me cacher.

Après quelques semaines de lancer au lasso avec Jimmy, je devins plus relaxe et je pense que Rob Edwards, le propriétaire d’un magasin local, et un membre de l’épiscopat, le sentit. Un matin, lors d’une visite à son établissement, il me dit qu’eux (‘eux’ étant l’épiscopat) pensaient que je serais un bon candidat pour leur programme de scoutisme. Je leur ai dit que j’y penserais.

Je téléphonai à Jimmy et lui dit ce qu’ils voulaient que je fasse. Il me dit : « Caldwell, tu ferais mieux de le faire. » Ce n’est pas ce que je voulais entendre, alors j’ai téléphoné à mon frère. Il me dit que c’était l’appel qu’il aimerait avoir et ajouta, « Tu devrais l’accepter. » Ce n’était toujours pas la réponse que je cherchais, alors je téléphonai à mon père, qui m’avait dit une fois, « On trouve du réconfort auprès de ceux qui sont d’accord avec nous et de la sagesse auprès de ceux qui ne le sont pas. » Et me dit, « Fais attention mon fils, c’est comme cela qu’ils vont t’avoir! » Enfin, ce que je voulais entendre. Puis il me dit : « Mon fils, tu ne trouveras pas d’appel plus gratifiant que celui que tu viens juste d’être demandé d’accepter. » OUPS.

J’ai accepté l’offre de Rob avec la condition que je n’aurais pas à renoncer à aucune de mes mauvaises habitudes. Rob m’a surpris encore une fois en me disant : « Non, on va t’accepter tel que tu es. »

Dans l’ensemble, les choses allaient très bien. J’avais un partenaire pour le lancer du lasso et le programme de scoutisme était tout ce que mon père m’avait dit qu’il serait. Je pensais que tout était bien; j’avais trouvé un endroit confortable, je n’avais plus de questions à poser.

J’avais tort. Jimmy me demanda, quand est-ce que nous aimerions rencontrer les missionnaires. Comme Jimmy n’était jamais venu officiellement à la maison pour faire ses instructions au foyer, je pensai que je le tenais. Je lui ai dit : « Je vais rencontrer les missionnaires après que tu sois venu chez moi pour une visite d’instructions au foyer, » figurant ainsi que cela me donnerait une tonne de temps parce que je savais que Jimmy pensait que nos activités de lancer au lasso ensemble comptaient comme des visites d’instructions au foyer.

Lorsque Jimmy et son épouse sont apparus sur le seuil de ma porte d’entrée pour une véritable visite d’instructions au foyer, je me souviens avoir dit à haute voix, « Zut, maintenant nous allons devoir parler avec les missionnaires. » Néanmoins, j’avais l’intention d’expliquer aux missionnaires exactement ce que je pensais de cet arrangement, des dirigeants de l’Église et des genres d’hommes qu’ils appellent à servir. »

Nous avons rencontré les missionnaires chez les Nelson. C’était chaleureux et accueillant, paisible et humble. Je me suis assis très calmement en attendant qu’ils me posent une question qui me permettrait de détruire leurs rêves d’avoir encore ce type de conversation avec moi dans le futur. Finalement, ils m’ont demandé si je m’engageais à lire le Livre de Mormon, et à vraiment écouter ce qu’ils avaient à dire. Eh bien, je ne pense pas que les Elders, dont l’un d’eux était nouveau dans le champ de la mission, étaient prêts pour ce que je leur dis – je leur dis audacieusement, « Non » et « voici pourquoi – je ne peux pas supporter cette Église, point. »

Ensuite, ils ont demandé à mon épouse la même chose – et elle a dit OUI!! Puis, ils lui ont demandé si elle croyait vraiment, et ils lui ont dit qu’ils pourraient l’enseigner et la guider si elle voulait se faire baptiser. J’ai souri parce que je savais ce que serait la réponse à cette question. Puis, elle a dit « OUI! » J’étais très confus. J’ai tout arrêté et j’ai commencé à réévaluer les réponses que j’avais moi-même données à ces questions.

Le lendemain, j’ai longuement réfléchi ce à quoi Lana (mon épouse) s’était engagée. J’ai téléchargé la Librairie Mormone (Mormon Library) sur mon téléphone et je me suis mis à écouter le Livre de Mormon pour la première fois de ma vie.

J’apprenais plein de choses et j’aimais l’expérience; puis le lecteur est arrivé au troisième livre de Néphi – WOW! Ce livre m’a frappé comme une tonne de briques. J’étais en train de conduire pour me rendre au travail à Calgary, lorsque je fus frappé par ce que j’entendais à propos du chapitre 11. Je commençai à pleurer à un tel point qu’il fallut que je m’arrête sur l’accotement. Il se produisit la même chose pendant tout le chemin du retour à la maison, j’ai pleuré pendant tout le trajet.

Depuis ce moment, j’ai écouté et lu le Livre de Mormon sept fois. J’ai surligné dans mon livre, j’ai continué à l’écouter et j’ai prié et cela m’a conduit sur la voie du pardon, et de là, j’ai pu discuter du pardon avec un autre jeune missionnaire nouveau dans le champ de la mission.

Le pardon est la partie la plus difficile du cheminement. Le pardon n’est pas pour les gens qui ont dit ou fait des choses qui nous ont blessés de façon qu’ils ne comprendront jamais. C’est pour nous. Nous devons leur pardonner pour nous-mêmes.

Nous n’avons pas besoin d’être amis avec eux, nous n’avons même pas besoin de s’associer avec eux, mais nous avons besoin de leur pardonner.

Le moment où l’Évangile entre véritablement dans nos vies. C’est lorsque nous savons que les gens de notre Église ne sont et peuvent être parfaits, mais que l’Église l’est.

Chaque geste posé afin de pardonner les autres apportera au sein de nos foyers, des bénédictions et un réconfort considérable.

Sans le pardon, les missionnaires n’auraient jamais pu entrer chez moi; je n’aurais jamais lu le Livre de Mormon.

Le pardon a adouci mon cœur, afin de permettre à l’Évangile de revenir dans ma vie. « Moi le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes. » (Doctrine et Alliances 64 :10)

Je vous témoigne que je sais que cette déclaration est vraie et je sais maintenant pourquoi c’est ce que le Seigneur nous a commandé de faire. Je l’aime plus chaque jour à cause des gens et des événements qui ont changé ma vie.

Liens: http://canadafr.lds.org/pas-avant-quun-fidele-instructeur-au-foyer-tende-la-main

http://canadafr.lds.org/un-apotre-a-abbotsford